Des témoignages, des souvenirs,
pour l'éternité...
A Speech by Nkak DION NGUTE Joseph, Paramount Chief of the Barombi Tribe
On Saturday, December 19th, 2015 on the 50th Anniversary of the Reign of HRH Chief PRISO NGOM PRISO
- The Honorable Minister of Culture,
- The Governor of the Littoral Region,
- Honorable Senators and Members of Parliament,
- The S.D.O. of Mungo Division,
- Your Royal Highnesses, Traditional Rulers,
- Distinguished Guests, Ladies and Gentlemen,
It gives me great pleasure to be in Bonalea today in the Littoral Region, accompanied by a strong delegation of Barombi Chiefs, elites and cultural groups, to witness and participate in the celebration marking the 50th Anniversary of the reign of His Royal Highness, NGOM PRISO, Paramount Chief of Abo North.
The Barombi people of Anglophone extraction comprise thirteen (13) villages, spread across Ndian and Meme divisions in the South West Region; ten (10) in Ndian and three (03) in Meme.
Good fortune has endowed the Barombi people with a very rich socio-economic and cultural diversity, which is vital for their unity and strength. Chief NGOM PRISO is a highly respected ruler amongst our people because of his integrity, astuteness, and dignity. The people of the Barombi villages of Kotto, Kange, Mpalle and Kang, would render testimony of the afore-mentioned.
Our massive presence in Bonalea today, is in recognition of the fraternal love and solidarity that binds the Barombi-Bankon people. So, we are here to join Chief NGOM PRISO and his people, to celebrate the 50th ANNIVERSARY of a successful reign, as the Paramount Ruler of the Abo North. We hope that this celebration will provide the platform, to consolidate the historical bonds that exist between the two brotherly tribes of the Littoral and South West Regions.
We, the Barombi people, are indeed grateful to the Bankon people for extending the invitation to us, to be part of this historic event. The leadership of Chief NGOM PRISO has, and will continue to inspire young traditional rulers in the preservation of their cultural heritage.
Long live the reign of Chief NGOM PRISO,
Long live the Barombi-Bankon Solidarity,
Long live the Republic of Cameroon.
En cette douloureuse circonstance, je m'associe à toutes les forces vives du Moungo qui l'ont connu et aimé pour adresser à toute la famille les sincères condoléances de mon épouse et moi.
La Disparition de Sa Majesté Emmanuel Richard PRISO NGOM PRISO NYA LEA MBASSI laisse un grand vide dans le département du Moungo, mais aussi dans la région du Sud-ouest où le peuple Bankon réside également.
Au-delà, c'est tout le peuple Sawa qui a perdu l'un de ses plus illustres gardiens des traditions.
Homme de paix et rassembleur, je lui serai toujours reconnaissant du soutien qu'il n'a cessé d'apporter à ses frères et soeurs, ainsi qu'à moi tout particulièrement, dans la culture du vivre ensemble harmonieux entre toutes les composantes de la population du Moungo.
Mon épouse et moi recommandons toute la famille au Seigneur afin qu'il la console et la fortifie.
S.E.MBELLA MBELLA
Ministre des Relations Extérieures
Hommage de Sa Majesté
MAKOLLE Jean Jacques
Yaoundé le 14 juin 2018
Je vous remercie au nom de la communauté Bankon des 2 rives du Moungo, d’avoir bien voulu consacrer votre après midi à la messe d’hommage célébrée en la mémoire de SM Priso Ngom Priso, roi des Bankon nord.
Aujourd’hui, alors que la barque devant le conduire vers ses ancêtres est amarrée sur les berges du fleuve Abo, alors que les esprits de l’eau et de la terre sont sortis des profondeurs marines et de la foret, je voudrais dire ma perception de la personnalité du Roi disparu
Alors que je n’étais qu’un jeune garçon, j’ai vu Priso Ngom Priso au milieu de ses frères et néanmoins collègues: jean Makolle Ebongue du Canton Abo sud, Bekombo ba Sosso du Canton Pongo et Benga du canton Bakoko Moungo, et à l’âge ou tout jeune homme se prend pour le plus beau le plus fort le plus intelligent, lui il écoutait plus qu’il ne parlait, faisant ainsi son apprentissage de la gestion des hommes et de la posture à avoir à l’égard des autorités. à savoir ni arrogance ni larbinisme, mais plutôt un respect mutuel.
Il exerçait ainsi un devoir de patience et d’écoute.
Frappé un jour de 1980 par la terrible destinée humaine à travers la disparition de sa douce et tendre épouse, Pauline TENE MOUSSONGO, il ne coupera pas la laisse et y restera plus de quinze ans, par devoir d’amour, en élevant seul ses cinq enfants.
Enfin l’histoire lui ayant enseigné que tous les Bankon quelqu'un soit leur situation géographique ont un ancêtre commun, il se fera le devoir de jeter par dessus le fleuve moungo un pont pour la construction d’un grand Bankon en s’invitant à une réunion des Barombi. et j’imagine son bonheur indicible le jour ou son jeune frère « Nkak » Dion NGUTE convia tous les Bankon du Moungo à la fête annuelle des Barombi.
Aujourd’hui, à quelques jours de son départ définitif, a t il des regrets, ou une impression d’inachevé? à cette question je réponds par l’affirmative.
Regrets de n’avoir pas vu le goudron parti du carrefour KAKE, passer devant la chefferie à Bonaléa.
une grosse interrogation liée au classement des chefferies par la loi de 1977 qui feront de lui et d’autres des chefs de 2e degré alors qu’antérieurement ils étaient tous des Chefs supérieurs.
L’interruption d’un rêve, celui de la construction du Grand Bankon à travers une association traditionnelle et culturelle dont la rencontre avec les barombi avait constitué les prémices.
Mesdames et messieurs, si nous n’avons pas de prise sur l’ineffectivité du passage du goudron à Bonaléa ni sur le classement des chefferies, la réalisation du rêve d’Unité des Bankon dépend entièrement de nous.
Alors va SM Priso Ngom Priso nu Loa mbassi, va Old king, l’unité bankon se fera, ton rêve se réalisera.
Makolla ma Makolla jean jacques, Chef Supérieur du Canton ABO sud
Hommage de S.M. Makolle Jean Jacques à l'occasion du Cinquantenaire de règne de S.M. Priso Ngom Priso...
Cinquante ans dans la vie d’un homme, c’est une longue histoire.
L’histoire d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, dans la nuit obscure d’un jour de Février 1965, dans une lointaine contrée, recueillait le dernier soupir d’un vieillard, parvenu au terme de son existence.
Ce vieillard qui, par sa stature, son autorité et sa sagesse symbolisait à lui seul le MANENGOUBA, le KOUPE et le NLONAKO, venait de s’éteindre à jamais.
Alors seul debout devant ce lit où gisait, inerte, le corps sans vie du vieillard, dans la pénombre de cette chambre, transpercée par la triste lumière d’une lampe tempête, le jeune homme scruta l’horizon, le plus loin que son regard intérieur pouvait porter et il plongea dans le souvenir.
Il se souvenait de ce jour de l’année 1963 au cours duquel, à travers une cérémonie menée par les anciens, il prêta symboliquement son corps à son père, devenant ses jambes, ses oreilles, ses yeux et sa bouche. Son représentant.
A l’évocation de se souvenir, une tempête se leva sous le crâne du jeune homme. Il venait de prendre conscience du sens du dernier soupir de son père : Soit renoncer et être indigne de la confiance du père et des ancêtres, soit accepter et prendre en main la destinée du peuple BANKON NORD. Le jeune homme aurait voulu être deux : d’une part demeuré ce jeune homme sans responsabilité, qui n’agissait qu’au nom du père et d’autre part être le Chef, conduisant fièrement son peuple à la rencontre de son destin...
Face à ce choix cornélien, une voix en lui se fit entendre. Elle lui disait : « il n’y a pas une tête lucide entre deux termes d’un même choix, mais une nature en détresse de n’être pas deux ».
Alors le jeune homme tomba à genou, récita une prière et se signa, lointain souvenir des années passées auprès des pères jésuites du Collège Libermann.
Puis il se leva, ses deux moi réconciliés. La tempête sous son crâne s’apaisa et, en un jour ensoleillé de Septembre 1971, PRISO NGOM PRISO I LOA MBASI fut sacré roi des BANKON NORD.
Aujourd’hui, cinquante années plus tard, c’est l’heure du bilan. Celui des ancêtres et non de la horde de pourfendeurs et de calomniateurs de tout pouvoir établi.
Alors mon frère, écoute venir du fond de la case rituelle, les voix de tes ancêtres NKON et NLOMBE. En chœur, ils te disent :
« OLD KING ! Ta mission, celle que t’ont confiée les ancêtres, est de conserver la terre qui vous a été léguée de générations en générations. Et cette mission, Tu l’as plus que remplie car, face à une loi foncière qui n’est ni générale, ni impersonnelle, tu as définitivement sécurisé cet héritage. Mais Le tribut du pouvoir étant la calomnie et l’injure, accepte de le payer ».
Alors, de SOUZA à MPOBO, de NKONO à KOKI, que sonnent les cloches, que résonnent les tambours, que chantent les chorales ! Pour célébrer dans l’allégresse, les cinquante années de règne de PRISO NGOM PRISO I LOA MBASI, roi des BANKON NORD;
Et comme disent les anglo-saxons, que Dieu et les ancêtres « BLESS » le roi, que Dieu et les ancêtres « BLESS » les BANKON.